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Comment Berne transforme la tarification de la mobilité en tarification routière ?

Le gouvernement fédéral veut créer la base légale pour des essais avec Mobility Pricing. La ville de Berne semble déjà savoir qui elle veut faire payer : exclusivement les automobilistes.

Texte : mmCH.online / photo : dan

« La question de savoir comment séparer le trafic « indésirable » du trafic « nécessaire » intéresse toutes les villes. » C'est ce qu'a déclaré la directrice des transports de la ville de Berne, Marieke Kruit (PS), dans un rapport publié dans la « Berner Zeitung » sur les questions de régulation du trafic et de tarification de la mobilité. L'idée de base consistant à tarifer la mobilité en fonction du temps et de la distance et à obtenir ainsi des effets de régulation devrait susciter de nombreuses discussions dans toute la Suisse au cours des prochaines années.

Le processus de consultation est actuellement en cours au niveau fédéral pour une loi qui autoriserait les villes ou les régions à mettre en œuvre des projets pilotes sur la tarification de la mobilité. Zurich et les villes-cantons de Genève et de Bâle sont dans les starting-blocks. La conseillère municipale responsable, Karin Rykart, a exprimé sa joie à SRF. Toutefois, elle est consciente que la tarification de la mobilité risque de rencontrer des résistances. C'est pourquoi Zurich se concentre sur l'élaboration d'un système en collaboration avec tous les acteurs. Le gouvernement zurichois souhaite inviter les associations et les partis politiques à un atelier.

Berne envisage un pont à péage

Dans le canton de Berne, les villes de Bienne et de Berne sont intéressées. La ville au bord du lac de Bienne flirte avec un péage urbain, la ville sur l'Aar avec un pont à péage... sur l'Aar. Toute personne conduisant un véhicule à moteur sur le pont très fréquenté de Monbijou devra payer. En clair, cela signifie que l'administration bernoise, ou du moins c'est ce que le nouvel exécutif du PS a confirmé, veut faire payer uniquement le trafic individuel motorisé (TIM) et sur un seul axe.

L'intention, au moins, est claire : l'ennemi est la voiture, un véritable Mobility Pricing n'est pas souhaitable, le Roadpricing, par contre, est le bienvenu. Le responsable de l'information de la ville, Walter Langenegger, l'exprime ainsi : « Nous ne visons pas une extension aux usagers des transports publics. » Selon le projet de loi fédérale, de tels essais limités à un seul mode de transport devraient être autorisés.

Selon BZ, la conseillère municipale Kruit justifie cet essai par la faible complexité d'un tel péage routier : « Le pont se prête parfaitement à un essai simple et rentable. » Certains politiciens ont émis des critiques, réclamant un projet pilote plus complet.

Associations d'automobilistes ACS et TCS avec des réserves de principe

Les associations automobiles ACS et TCS ont des réserves fondamentales sur la tarification de la mobilité. Le Touring Club de Suisse, par exemple, rejette « les modèles qui visent à briser les pics de trafic par des prix plus élevés aux heures de pointe. De tels systèmes seraient antisociaux et toucheraient principalement ceux qui ont le moins de marge de manœuvre en termes d'horaires de travail. » En outre, la tarification de la mobilité régionale créerait une mosaïque de redevances différentes et confuses.

Les tests pilotes ne sont guère nécessaires, selon le TCS. « De nombreux modèles ont déjà été évalués, testés et étudiés ou sont encore en service (Zoug, Stockholm, Londres ou dans plusieurs villes norvégiennes). En fait, l'expérience de Londres, par exemple, montre qu'un système de tarification est antisocial. En outre, l'effet de réduction du trafic et des embouteillages n'a duré que 5 ans après l'introduction du système de tarification. L'impact sur la réduction du trafic à court terme a été rapidement anéanti par la démographie et la croissance économique. »

Rouge-Vert ne veut pas sauter par-dessus son ombre

Conclusion : la ville de Berne prévoit un test sur la tarification de la mobilité, exactement comme les détracteurs de cette idée l'ont toujours craint et critiqué : L'essai d'un péage de pont vise uniquement le trafic automobile. On peut se demander si cela est judicieux, car cela assure une mobilisation maximale des opposants et leur fournit suffisamment de munitions. Mais l'approche est compréhensible, car il n'y a pas qu'à Berne que les majorités rouge-vertes n'ont aucune envie de contrarier leurs électeurs avec des mesures de régulation des transports publics - l'objectif le plus urgent du Mobility Pricing, hormis le financement. Un trajet en bus à l'heure de pointe plus cher qu'en journée ou en soirée ? Oh là là, on préfère ne pas faire ça...

Commentaires

Stefano Ghidelli

Bonjour,
si l'enjeu est de garantir la mobilité de tous il faudra aborder le coût des transports publics qui sont devenus un luxe pour une partie de la population.
Toute mesure qui n'est pas accompagnée par des compensations de coût pour les revenus plus faibles ne feront que transformer la mobilité en un énième privilège.
Bonne journée

Thierry Odergon Routier

Déclaration de guerre.

Pierre-André Francelet

@Mario Saurer faut changer de nom 🤣🤣🤣

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